Le saviez-vous ?Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles

9 janvier 2020Élodie0
https://f5x2c3n8.rocketcdn.me/wp-content/uploads/2020/01/oekotex-gots.jpg
Mieux consommer peut également passer par la recherche de labels présents sur les textiles. Nous en passons deux à la loupe : OEKO-TEX et GOTS.

Le saviez-vous l’ADEME – l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie propose souvent des outils pour mieux consommer, c’est-à-dire en préservant les ressources de la planète et en limitant son exposition à des substances toxiques.

Dans ce contexte, l’ADEME a créé à destination des particuliers une page web : Les labels environnementaux. Pour chaque catégorie de produits, sont référencés les labels applicables et leurs significations.

Ceux qui nous intéressent aujourd’hui, sont ceux applicables aux vêtements : 

  • le label Oeko-Tex
  • le label GOTS pour Global Organic Textile Standard

Ce sont deux labels privés indépendants qui s’intéressent à la fois à l’impact environnemental, lors de la production des fibres (coton, laine, lin, soie, chanvre) et la fabrication du vêtement, ainsi qu’à l’absence de produits dangereux pour la santé du consommateur.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 1

OEKO-TEX

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 3
Crédits photo : Coral

OEKO-TEX est la marque de l’association du même nom, créée en 1992 et basée à Zurich. L’association, née grâce à six professeurs de deux instituts différents : Austrian textile research institute (Autriche), Hohenstein research institute (Allemagne), regroupe aujourd’hui 18 instituts indépendants de recherche sur les textiles en Europe et au Japon.

Ensemble, ils ont créé un cahier des charges pour protéger les consommateurs des substances toxiques pouvant être retrouvés dans les textiles. Leur premier label, OEKO-TEX Standard, est introduit dès 1992.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 5

Sa déclinaison “Made in Green” n’arrive qu’en 2014. Le label “Made in Green” reprend les exigences du Standard 100 et ajoute une considération environnementale et sociétale. Il garantit que le produit a été fabriqué selon des process respectueux de l’environnement et dans des conditions de travail responsables. Il est possible, grâce au numéro de l’article, de tracer sa fabrication en ayant le pays et le nom de l’entreprise de confection via la fonction Label Check.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 7

Une 3ème déclinaison a été lancée en 2016, uniquement pour les articles en cuir, vêtements & accessoires. L’association ne certifie pas des cuirs exotiques provenant de crocodiles, de serpents ou de tatous. L’industrie du cuir utilise des substances toxiques comme le chrome VI, ainsi ce label garantit l’absence de substances toxiques pour le consommateur.

Le label interdit l’usage d’agents azurants, le chrome VI, le PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) et le plomb.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 9

L’ensemble des labels n’est valable que 12 mois. L’industriel doit renouveler sa candidature chaque année, permettant un suivi continu de la qualité des produits.

 

Global Organic Textile Standard

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 11

La naissance du label est liée à la conférence Intercot de 2002 à Düsseldorf (Allemagne). Lors de workshops, les organisations du textile ont commencé à réfléchir à un standard commun. Quatre organisations : OTA (États-Unis), IVN (Allemagne), Soil Association (UK) et JOCA (Japon), qui apportent leurs compétences complémentaires dans les domaines de l’agriculture biologique et de la production textile, ont poursuivi les travaux jusqu’à la concrétisation du référentiel et lancement du label en 2008.

Le référentiel couvre la transformation, la fabrication, l’emballage, l’étiquetage, la vente et la distribution de tous les textiles composés de 70% de fibres naturelles biologiques certifiées. Ce label garantit que les vêtements respectent l’environnement tout au long de leur cycle de vie : de la production des fibres, jusqu’au produit final. Il prend également en compte les conditions de travail des ouvriers et fixe des exigences sanitaires, afin que les produits finaux ne présentent pas de toxicité pour les consommateurs.

 

Et la consommation d’eau dans tout ça ?

Déformation “personnelle” oblige, car je suis aussi la fondatrice du site d’information en santé environnementale science-environnement.com, je ne peux m’empêcher de parler du coton.

La culture du coton, qu’elle suive ou non le cahier des charges de l’agriculture biologique, consomme énormément d’eau. Or dans un contexte de rareté de la ressource, il est toujours intéressant de questionner l’achat d’un t-shirt 100% coton face à un t-shirt en synthétique et/ou en matières recyclées.

Ni le label OEKO-TEX, ni GOTS ne prennent en considération la consommation en eau. Seul le coton génétiquement modifié préserve la ressource en eau. Est-ce une raison pour autoriser/encourager les OGM ? 

Le plus écolo ? Le t-shirt 100% lin, où le lin est cultivé en Normandie, filé et confectionné en France. C’est le pari de la marque Patte de loup et de la marque Splice.

 

Qu’entend-on par substance nocive ou substance toxique ?

Tout produit étant destiné à être vendu dans l’Union Européenne doit répondre et respecter les normes en vigueur à l’échelle européenne et celle du pays en question.

Au sein de l’UE, le règlement REACH encadre l’utilisation des substances chimiques. Pour les substances chimiques présentant un risque, elles sont classées dans l’une des trois listes :

1. Liste des substances extrêmement préoccupantes candidates en vue d’une autorisation

La première étape de la procédure d’autorisation consiste à identifier les substances pouvant avoir de graves répercussions sur la santé humaine ou l’environnement. Les risques résultants de leurs utilisations doivent par conséquent être valablement maîtrisés et les substances doivent être progressivement remplacées lorsque cela possible (source : ECHA).

2. Liste des substances soumises à autorisation (Annexe XIV REACH)

Lorsqu’une substance (ou mélange) est identifiée comme étant extrêmement préoccupante, mais qu’elle est indispensable aux procédés industriels et ne peut pas être substituée en l’état des connaissances et des techniques actuelles, elle est inscrite sur la liste d’autorisation (= autorisation sous certaines conditions) (source : ECHA).

3. Liste de restriction (Annexe XVII REACH)

Concerne les substances chimiques (ou mélanges) pour lesquelles leur production, leur mise sur le marché ou leur utilisation sont limitées ou interdites au sein de l’union Européenne (source : ECHA).

 

Les produits chimiques dans les produits de consommation

Tout fabricant, où qu’il soit dans le monde, doit respecter les normes du pays où il compte vendre sa marchandise. Le problème est qu’avec la quantité de marchandises qui transite par nos frontières chaque jour, la mission de contrôle des Douanes est quasiment impossible.

Ainsi ces labels ajoutent une caution tierse, indépendante, certifiant que le produit répond à des qualités sanitaires et environnementales. Enfin pour les produits chimiques accessibles au grand public, l’étiquetage obligatoire permet de rapidement visualiser le risque. 

Depuis le 1er janvier 2015, les pictogrammes oranges ont progressivement laissé place aux nouveaux : des losanges avec bordures rouges et fond blanc (voir image ci-dessous). Ils sont présents sur tous les produits chimiques, y compris les produits d’entretien, les sprays désodorisants et les huiles essentielles.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 13
Crédits photo : INRS

Un petit nouveau a fait son entrée (voir image ci-dessous). Il est particulièrement intéressant, car il indique que le produit est “très dangereux pour la santé”.

Mieux consommer passe également par les labels sur les textiles - 15

Il peut être cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR), ou encore il peut altérer le fonctionnement de certains organes, provoquer des difficultés respiratoires, ou être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires. Il est donc à éviter dans la mesure du possible, ou à défaut, il doit être utilisé avec prudence (lire les précautions d’usage au dos du produit) et jamais en routine.

Maintenant il ne tient qu’à vous de regarder au dos des produits que vous achetez.

3exemples-huiles-essentielles
© Science-environnement.com

 

Élodie

Après 8 années passées en tant que chargée d’études en santé environnementale, j’ai toujours à coeur d’informer et sensibiliser les individus, afin qu’ils soient des consommateurs avertis et aguerris. Le site Marques de France est géré en toute indépendance et n’appartient à aucune entreprise privée. Toutes les recherches effectuées et tous les contenus rédigés répondent à un unique objectif : promouvoir les marques qui contribuent à l’économie du pays.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.