Le saviez-vous ?La slow fashion au service du made in France

22 novembre 2020Élodie0
Jules et Jenn-atelier-ceintures

La slow fashion, en opposition à la fast fashion, s'inscrit dans une démarche durable et sociétale qui profite à la fabrication française.

Slow fashion ou fast fashion

Avant d’entrer dans le vif du sujet et de voir comment la slow fashion sert le made in France, revenons sur la signification et la différence entre de ces deux termes.

La fast fashion fait référence à la mode actuelle. Une industrie textile qui lance chaque année une collection printemps/été, suivie d’une seconde collection automne/hiver. Certaines marques de vêtements sont même connues pour accélérer le renouvellement de notre garde-robe en proposant, tous les mois, de nouveaux modèles.

Le but ?

Nous inciter à en vouloir toujours plus, que nous achetions les nouvelles pièces qui viennent juste de sortir. Votre dressing est envahit, votre budget est plombé, la planète est polluée et la main d’oeuvre textile continue d’être exploitée. On est très loin d’un cercle vertueux.

Ainsi face à l’industrie du textile qui pollue et exploite (elle est la deuxième industrie la plus polluante derrière l’exploitation de pétrole), la slow fashion est une réponse à cette dérive. D’ailleurs, nous avions déjà évoqué cette question avec l’article « Quel est le prix juste d’un vêtement made in France« .

Par opposition donc, la slow fashion fait référence à une « mode lente », sans saisonnalité. Ce sont des vêtements intemporels, des pièces essentielles, qui vont avec tout ou presque, se marie, se mélange pour créer des styles à l’infini. Ces marques engagées dans une production plus respectueuse de l’environnement et de l’humain vont naturellement plus loin dans leur choix de fabrication. C’est là qu’entre en jeu notre made in France.

Fashion-show

Crédits : Pexels / Pixabay

Un engagement environnemental et sociétal

Comme je vous le disais, les marques engagées dans la slow fashion défendent une nouvelle industrie textile qui corrigerait tous les travers de la précédente.

Bien entendu, elle ne sera jamais non polluante. Comme l’énergie propre est celle que l’on ne produit pas, un vêtement non polluant est un vêtement qui n’a pas été confectionné. De toute façon, nous avons besoin de vêtements. C’est à la fois un bien essentiel et un bien de plaisir.

Ainsi, la slow fashion, par extension, encourage :

  • le recours à des matières premières nécessitant moins d’eau et moins d’intrants chimiques, comme le lin et le chanvre (dont la France est respectivement le leader mondial et le leader européen), le coton bio (voire même le coton du Gers, cultivé en France par la marque Jean Fil, en photo) ou le tencel issu de fibres végétales ;
  • le recours à des matières premières déjà existantes, à travers des matières recyclées (laine recyclée, coton recyclé et même plastique recyclé), ou les procédés d’upcycling ou de réutilisation ;
  • des conditions de travail respectueuses des salariés. Ainsi de nombreuses marques privilégient une production en Europe et en France afin que les droits du travail respectent le salarié.
  • le tannage végétal est plébiscité, moins polluant que le tannage traditionnel avec du chrome, toxique à la fois pour l’environnement et l’humain.
  • un contrôle minutieux de la filière cuir, en privilégiant les peaux issues d’animaux destinés à la consommation humaine et élevés dans des conditions respectueuses de l’animal.
Jean-Fil-filature-de-coton

Crédits : Jean Fil

La slow fashion et le made in France

Cette prise de conscience, de la part des acteurs de l’industrie textile, accompagne et répond à la volonté de plus en plus prégnantes des consommateurs d’acheter des produits responsables et durables.

D’ailleurs, lorsque nous avons mis en ligne Marques de France en mars 2019, après trois mois de travail pour le concevoir et l’enrichir. Nous étions, mon conjoint et moi-même, les seuls utilisateurs. Il me permettait de référencer toutes mes bonnes trouvailles et d’économiser du temps lorsque je cherchais un article. Puis notre communauté et nos visiteurs ont commencé à grandir et continuent de grandir, alors si ce n’est pas la preuve que le profil du consommateur est en train de changer…

La fabrication française s’inscrit parfaitement dans la slow fashion et les critères durables et sociables. La grande majorité des marques que nous avons référencées sont des TPE/PME, lesquelles conçoivent, produisent et/ou assemblent des produits sans saisonnalité, sans temporalité. Que ce soit des jouets, une poussette, des vêtements, etc. chaque objet est pensé pour un usage répété et qui puisse se transmettre. Qualité et robustesse sont les maîtres mots de la fabrication française.

De plus, je fais souvent l’amalgame (volontairement) que la fabrication française est par défaut éthique. Même si notre code du travail et notre système social restent perfectibles, ils structurent un environnement de travail décent. Ainsi chaque produit fabriqué dans l’Hexagone est éthique.

Rivalin-atelier-technique-cousu-retourne

Crédits : Rivalin

Est-ce qu'un site défendant la fabrication française devrait bannir les anglicismes ?

Enfin, petit aparté sur ces nombreux mots anglophones, que les ardents défenseurs de la langue française pourraient me reprocher 😉

Dernièrement je suis tombée sur un épisode de l’émission Karambolage (initialement diffusée sur Arte et dorénavant accessible sur toutes les plateformes) sur la prononciation des mots anglais par les français. Rassurez-vous fervents défenseurs de la langue française, nous francisons absolument tous les mots anglophones. N’est-ce pas un signe que les mots anglais deviennent français ?

Par ailleurs, les anglosaxons ont aussi quelques mots français dans leur vocabulaire courant : amuse-bouche, croissant, espionnage, entourage, bureau, faux-pas, déjà-vu, ménage à trois, coup (d’état)…

Free-Photos / Pixabay

Crédits : Free-Photos / Pixabay

Commentaires (0)

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.