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Un Origine Score sur le modèle du Nutriscore, bonne ou mauvaise idée ? 

Le gouvernement envisage la mise en place d'un "Origine Score" sur le modèle du Nutriscore, afin d'indiquer quelle est la proportion d'ingrédients français présents dans les plats transformés.

Etiquette - Mayonnaise aux oeufs français
Crédits photos : marques de France
Par Élodie Lapierre. Publié le 26 février 2024. Dernières modifications le 1 mars 2024. Publier un commentaire.

Toujours en pleine crise du monde agricole et à la veille de l’ouverture du salon de l’agriculture, Olivia Gregoire la Ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation a annoncé lors de sa participation à la matinale de Sud Radio, ce jeudi 22 février, la mise en place d’un nouvel étiquetage sur le modèle du Nutriscore. Il est baptisé « Origine Score ».

Dans le cadre de la révision de la loi Egalim, en faveur des agriculteurs pour leur assurer un revenu descend notamment au travers du prix juste de la matière première agricole (MPA), la cinquième version doit améliorer les faiblesses et manquements des précédentes. Cette révision doit également permettre la création d’un étiquetage qui offre plus de transparence sur l’origine des matières premières entrant dans les produits transformés.

Dès lors qu’un produit alimentaire est vendu en France, la loi française doit s’appliquer.

Quels sont les objectifs de la nouvelle loi Egalim ?

Cette cinquième version a pour objectif de simplifier les négociations et les clauses de révisions des contrats tout en incluant les agriculteurs qui sont actuellement absents des discussions. Ainsi elle vise à instaurer de manière systématique des négocations tripartites entres les producteurs (les agriculteurs), les transformateurs (comme Lactalis, Unilever, Mondelez…) et les distributeurs (les GMS comme Carrefour, Leclerc, Groupe U, Lidl…).

Le second objectif est d’augmenter les contrôles afin de s’assurer de l’exécution et du respect de cette loi. En effet, au micro de Sud Radio, Olivia Gregoire rappelle que sur 1000 établissements contrôlés qui appliquent les mentions « produits en France » ou « origine France », 372 anomalies ont été relevées par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), soit plus de 30% d’anomalies, dont 70 sont jugées « graves » relevant de pratiques commerciale trompeuses.

Le troisième objectif est de contraindre les distributeurs à ne pas pouvoir dérober à la loi Egalim ou en les sanctionnant lorsqu’ils mettent en place des Centrales d’achat européennes comme le fait Leclerc et Carrefour par exemple. La ministre annonce « dès lors qu’un produit alimentaire est vendu en France, la loi française doit s’appliquer » !

La version amendée et l’origine score sont prévues pour cet été.

Que sait-on sur la mise en place de l’Origine Score ?

Pour le moment, il s’agit d’un projet et les modalités de mise en oeuvre ne sont pas connues. Le peu de communication disponible à ce stade fait état d’une démarche similaire au Nutriscore. Ce nouvel indicateur pourrait se baser sur les travaux du collectif En Vérité qui s’est intéressé à l’impact de l’origine dans le choix des consommateurs et qui a imaginé un logo en conséquence.

Pour le consommateur, ce serait un vrai changement puisque la réglementation actuelle impose de préciser l’origine uniquement sur les produits bruts : la farine, les fruits, les légumes, le miel, etc. En revanche, il n’y a aucune obligation pour les produits transformés comme, par exemple, une pizza industrielle. Les fabricants mentionnent seulement le lieu de production de la pizza. Ainsi la création de l’Origine Score a pour vocation de mieux informer le consommateur sur l’origine des ingrédients majoritaires présents dans les préparations et les plats transformés. 

Avec une première ébauche de l’Origine Score pour cet été, Olivia Gregoire ajoute que le gouvernement vise une adoption à l’échelle de l’Union Européenne à horizon 2025. Dans un premier temps, la Ministre donne rendez-vous aux acteurs de l’agroalimentaire (industriels, PME et associations de consommateurs), le 14 mars 2024 pour une concertation.

Collectif En Vérité
Crédits photos : Collectif En Vérité

Construire l’Origine Score sur le modèle du Nutriscore est-elle une bonne idée ?

1. Quel sera le format du score ?

Deux hypothèses sont avancées, reprendre l’idée d’une lettre avec un fond de couleur (exactement comme le Nutriscore) ou indiquer la proportion d’ingrédients en fonction des pays.

Par exemple pour une mayonnaise, si le produit est composé de 70% d’huile végétale d’origine espagnole et 5% d’oeufs origine France, l’Origine Score indiquera : 70% Origine Espagne et 5% Origine France.

2. L’Origine Score sera-t-il obligatoire ?

Si le gouvernement reprend le modèle du Nustriscore, alors il sera uniquement basé sur une démarche volontaire.

Avec 60% des transformateurs qui indiquent le Nutriscore sur leurs produits, Olivia Gregoire parle d’un succès.

3. L'Origine Score sera-t-il suffisamment visible ?

Une des critiques qui revient déjà alors que l’Origine Score n’existe pas encore, est la superposition des informations. Autrement dit, trop d’information tue l’information.

Il est vrai que les packagings sont déjà bien chargés : des arguments marketing, des logos et illustrations, en plus des informations obligatoires comme la composition ou liste d’ingrédients et les valeurs nutritionnelles. Alors ajouter un énième affichage peut sembler contre productif. Néanmoins la Ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation affirme que 9 consommateurs sur 10 savent reconnaître le Nutriscore. Espérons que l’Origine Score arrive à s’imposer s’il devient officiel.

4. Quelles pourraient être les autres similitudes entre le Nutriscore et l’Origine Score ?

Hormis son visuel et son caractère obligatoire ou volontaire, la comparaison s’arrête là tant ils abordent des sujets différents. En effet, le Nutriscore a été et continue d’être beaucoup critiqué par son élaboration :

  • il donne trop d’importance au label « Agriculture Biologique » en regard du niveau de transformation des aliments. Par exemple, les galettes de riz, de maïs… sont très bien notées, Nutriscore A, alors que ce sont des produits ultra transformés.
  • il n’est pas approprié pour les matières brutes, car il est basé sur les valeurs nutritionnelles de 100g ou 100ml de produits. Ainsi les huiles végétales qui sont bonnes pour la santé se retrouvent malgré tout avec un Nutriscore D car 100ml d’huile = 100ml de matières grasses. Sur le même modèle, le sucre est trop sucré, le sel est trop salé. Or nous ne consommons pas à chaque repas 100ml d’huile végétales, ni 100g de miel ou de sucre.

Ainsi le Nutriscore est un étiquetage intéressant pour les produits industriels, notamment pour choisir parmi tous les plats préparés, mais pas pour les matières brutes.

D’ailleurs, une nouvelle version du Nutriscore est en cours afin de mieux prendre en considération les MUT – les marqueurs d’ultra transformation et donner moins de poids au label AB – Agriculture Biologique.

Bjorg - galette de riz

Marques de France - Avatar - Élodie Lapierre

Contenu rédigé par Élodie Lapierre

Depuis plus de 10 ans, je suis chargée d’études en santé environnementale. J'ai toujours à coeur d’informer et sensibiliser les individus, afin qu’ils soient des consommateurs avertis et aguerris.Le site Marques de France est géré en toute indépendance et n’appartient à aucune entreprise privée. Toutes les recherches effectuées et tous les contenus rédigés répondent à un unique objectif : promouvoir les marques qui contribuent à l'économie française.

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