Montlimart est notre marque du mois !

Catégories

Reportages Découvertes des savoir-faire Reportages vidéo

NEO : Au coeur de la fabrication d’un sac de randonnée

Créée et engagée dans une fabrication locale et responsable l'entreprise NEO possède son propre atelier au bord du lac d’Annecy. On vous embarque avec nous au coeur de leur site de production.

NEO - Atelier de confection
© NEO
Par Baptiste Chuzeville. Publié le 4 janvier 2024. Dernières modifications le 17 février 2024. 1 commentaires.

Lors de notre dernière sortie, où nous vous avions fait découvrir la fabrication d’une paire de skis Dénériaz, nous vous avions fait part du prochain lieu de tournage, à quelques dizaines de mètres de l’atelier du champion olympique 2006. Nous sommes toujours dans la même zone artisanale au Sud d’Annecy, pour rencontrer Éric Roussel, le fondateur de la marque NEO.

Cette marque française a une petite particularité : à son lancement, elle était spécialisée dans la fabrication d’équipements pour le parapente. « Ce sport est très populaire ici et nous voulions arrêter d’acheter à l’autre bout du monde des équipements qu’on serait capable de produire sur les bords du lac », nous explique Éric dès notre arrivée dans son showroom.

Depuis deux ans, la marque annécienne s’est aussi lancée dans la fabrication de sacs à dos ainsi que d’autres équipements comme des protections pour ordinateurs ou encore des trousses.

Sans plus attendre, j’allume la caméra, je branche les micros et, avec Emmanuel, nous nous lançons à la découverte de cette entreprise. Je sens que le fondateur a des choses à nous raconter.

Chaque morceau de tissu compte

La première partie que nous découvrons est l’endroit où la matière première est réceptionnée. Chez NEO, les tissus sont déroulés dans une première machine qui, grâce à des réglages prédéfinis, va réaliser les premières découpes pour outiller les couturières dans leur travail.

Éric profite de ce court instant dans cet espace bruyant pour nous expliquer l’importance du recyclage pour sa marque : « Les prix sont de plus en plus chers pour nous. On essaye donc d’utiliser chaque centimètre de tissu. Grâce à nos chutes, nous pouvons par exemple fabriquer des petits logos qui seront ensuite déposés sur nos produits. Les matériaux utilisés sont sélectionnés et/ou développés pour offrir le meilleur compromis durabilité/légèreté. NEO prône l‘esprit du bon sens, c’est pourquoi nous sommes fiers de participer, à notre échelle, à une consommation plus consciente et responsable. La qualité de notre savoir-faire garantit la robustesse de nos produits pour une utilisation sur du long terme. Dans une logique de consommation durable, nous proposons à tous nos clients un service “garantie et réparation” par l’atelier. Le bon sens, c’est aussi d’assurer à nos clients la réparation de nos produits à vie, plutôt que de les jeter quand une seule pièce est usée. Nous sommes fiers de participer, à notre échelle, à une consommation plus consciente et responsable. « 

En plus des rouleaux de tissus, le rez-de-chaussée est réservé au stockage des petits composants que les couturières pourront utiliser pour la confection d’une sellette de parapente par exemple.

Une fois le tour du rez-de-chaussée fait, nous prenons la direction des escaliers pour nous rendre à l’étage supérieur.

Showroom Néo
Crédit photo : Marques de France / Le Showroom NEO au pied des montagnes et au bord du lac d'Annecy.

Place à la fabrication

Emmanuel vous l’expliquait au début de la vidéo, NEO dessine, conçoit et fabrique tous ses produits. Nous arrivons donc dans une grande pièce où plusieurs dizaines de personnes sont en train de produire des sacs.

Première chose que j’aperçois en arrivant, tout est ouvert, tout le monde travaille côte à côte. Cette accessibilité, Éric nous la présente comme l’une des principales forces du made in France : « Le bureau de développement est là juste à côté des montagnes. Donc on peut aller tester les sacs et revenir rapidement pour faire les modifications sur nos machines. Et nous, on est juste à côté pour pouvoir faire des changements en production. »

Ici, le principe est simple : chaque personne est formée sur chacune des machines, chaque couturier(e) n’est pas fixé(e) sur un seul poste, il va réaliser plusieurs tâches du processus de fabrication des produits. D’un point de vue personnel, je trouve cette méthode de travail productive puisqu’elle évite les gestes répétés du travail à la chaîne.

En plus de travailler dans des locaux quasiment neufs, les équipes de NEO ont aussi accès à des machines neuves : « Nous faisons en sorte que chacune de nos machines n’ait aucun pépin puisque la réparation coûte plus chère en France », explique le fondateur de la marque.

NEO - Atelier de confection

Tim Alongi, un ambassadeurs NEO

En novembre 2022, l’entreprise annécienne s’est lancée dans la fabrication de bagagerie, mais au moment de sa création, la marque était surtout réputée pour la production d’équipements de parapente. Lors de la présentation d’une future sellette de parapente acrobatique, Éric nous fait rencontrer Tim Alongi.

Je me rends compte alors quelques minutes plus tard que je viens de croiser le vice-champion du monde 2017 et quadruple champion de France de parapente freestyle. Le champion français est aujourd’hui devenu l’un des ambassadeurs de la marque dans le monde entier.

Tim Alongi, ambassadeuR NÉO
Crédits photos : NÉO

La broderie, l'un des savoir-faire NEO

Lors d’une récente interview, Antoine Fauqueur, le fondateur d’Unsibeaupas était revenu sur l’échec de sa marque où il expliquait qu’il fallait que l’entreprise se démarque par un savoir-faire ou des produits originaux.

Pour se démarquer, NEO possède une technologie inhabituelle qui permet, lors de l’étape de la broderie, d’appliquer son logo de manière à ce qu’il ne se détache jamais du produit. « Nous vendons nos sacs à partir de 200 euros, nous faisons attention à chaque détail. Ce serait bête d’avoir un beau produit avec un logo qui s’enlève », ajoute Éric.

Cette technologie, le fondateur est allé la chercher chez nos voisins italiens. Chaque personne qui l’utilise a été formée pour connaître les différentes caractéristiques des tissus et adapter la technique de collage. « Nous travaillons encore énormément avec les créateurs de cette machine pour qu’ils nous aident à nous rapprocher de la perfection. »

Pour terminer notre reportage, nous redescendons au rez-de-chaussée pour visiter la zone de stockage.

Les difficultés du made in France

Bon, comme d’un grand nombre d’entreprises, la partie stockage n’est pas le lieu le plus intéressant. Mais Emmanuel profite de cet instant pour échanger avec le directeur de NEO sur les difficultés liées au fabriqué français. « La difficulté, c’est d’avoir des gens qui veuillent travailler en production. Et ce n’est pas du tout dénigrant. Il y a plein de choses à faire et c’est hyper valorisant, tous les jours, de se dire : « Je vais fabriquer des beaux produits avec mes mains. » Et ça, c’est un petit peu compliqué aujourd’hui de trouver du monde qui veuille travailler et qui veuille passer des heures à fabriquer de beaux objets. C’est ça aussi le problème du made in France. »

Voilà 8 mois maintenant que je consacre la majorité de mes journées à la rédaction de sujet made in France. Avec toutes les rencontres que j’ai pu vous partager au sein de mes articles, le manque de main-d’œuvre est aujourd’hui l’un des plus gros soucis du fabriqué français. Lors de différentes enquêtes menées sur la consommation des produits locaux, le frein principal est le prix encore trop élevé pour la population. Si le coût de production est encore trop haut aujourd’hui, le manque de main-d’œuvre n’y est pas pour rien.

L’avantage d’avoir pu partager la visite de l’atelier NEO avec Éric, c’est qu’il ne se cache pas. Tout au long de la matinée, le fondateur a soulevé un grand nombre d’aspects du made in France. Il nous a souvent partagé son avis, que d’un point de vue personnel je trouvais juste. Aujourd’hui, produire en France est compliqué au niveau économique mais aussi au niveau de la main-d’œuvre. Pourtant, les produits bleu-blanc-rouge resteront toujours des articles de qualité.

Éric Roussel, fondateur de la marque Néo
Crédit photo : Marques de France / Éric Roussel, fondateur de la marque NEO

Si vous cherchez d’autres produits français comme ceux de NEO, nous vous proposons de consulter toutes les marques proposant des :


Marques de France - Avatar - Baptiste Chuzeville

Contenu rédigé par Baptiste Chuzeville

Fraichement diplômé d’un bachelor Journalisme au sein de l’ISCPA de Lyon, qu’il avait terminé par un stage de 5 mois au sein de notre rédaction, Baptiste s’est dirigé vers un master à l’ISFJ Lyon. Aujourd’hui alternant, il alimente la page magazine du site.

Publier un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 commentaire

  1. Marie-Laure dit :

    Bravo pour ce reportage, j’ai été ravie de découvrir les coulisses de Néo dont j’avais déjà entendu parler côté parapente. Le savoir-faire étendu à la filière, c’est tout ce en quoi je crois 😉

Inscrivez-vous à notre « petite lettre »

Vous recevrez régulièrement, par email :

  • Les dernières marques référencées
  • Des reportages
  • Des conseils d'achat
  • Des études et enquêtes
  • Les produits que nous aimons
La petite lettre - Newsletter 20 pulls fabriqués en France pour affronter le froid