Montlimart est notre marque du mois !

Catégories

Analyses Débats

Les jouets en plastique sont-ils dangereux pour la santé des enfants ?

Les phtalates, suspectés d'être des perturbateurs endocriniens, sont présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne : cosmétiques, dispositifs médicaux, jouets, produits de construction et décoration... Les rendent-ils pour autant dangereux ?

Jouets en plastique
Crédits : Marques de France
Par Élodie Lapierre. Publié le 31 octobre 2022. Dernières modifications le 30 décembre 2023. Publier un commentaire.

Phtalates, où les trouve-t-on ?

Les phtalates* sont une famille de composés chimiques utilisés comme additifs dans les matières plastiques pour les rendre souples, flexibles et plus transparents (source : INRS). Ainsi, on retrouve des phtalates un peu partout dans les objets et produits du quotidien.

Ils sont principalement utilisés dans la fabrication des articles et sols en PVC.  Des phtalates peuvent également être détectés dans certains jouets et matériaux en contact avec les aliments. Le secteur de la santé n’est pas épargné, des phtalates peuvent être présents dans les dispositifs médicaux et les médicaments, où il sont utilisés comme excipients pour l’enrobage gastro-résistant de comprimés (source : ANSM). Plus étonnant, les phtalates peuvent se retrouver dans la composition de cosmétiques. Ils assurent alors le rôle d’agent fixant, brillant ou résistant.

Plusieurs phtalates sont identifiés comme perturbateurs endocriniens, notamment les phtalates dit à « bas poids moléculaires », comme le DEHP, DBP, DIBP et BBP. Leurs usages sont strictement encadrés par le règlement européen d’enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques : REACH. Certains phtalates à « haut poids moléculaires » d’abord pensés plus stables, présenteraient les mêmes propriétés reprotoxiques que leurs cousins de faibles poids moléculaires. Selon leurs usages, les phtalates sont soumis à différentes réglementations que résume parfaitement l’Ineris.

Je devine que vous vous demandez pourquoi tous les phtalates ne sont pas, tout simplement, interdits ?

Parce qu’il n’existe pas de solution « simple ». S’ils possèdent des dérogations d’usage, c’est que nous n’avons pas (encore) trouvé de substituts satisfaisants. De plus, l’Inserm rappelle « (…) que la plupart des substances qualifiées de perturbateurs endocriniens sont le plus souvent seulement suspectées d’avoir ce type d’activité. Il existe en effet très peu de perturbateurs endocriniens avérés à ce jour. Cela est dû à la grande difficulté de démontrer qu’un composé exerce sa toxicité par la perturbation du système endocrinien. Cette toxicité découle souvent d’effets à long terme, qui peuvent n’apparaître que lorsque l’exposition a eu lieu à des moments précis du développement.  »

*Orthographiés phtalates en français ou phthalates en anglais.

Balles en plastique
Crédits photo : Marques de France.

Les phtalates dans les jouets

Ah les plastiques sont fantastiques !

Les enfants (et les parents) adorent les jouets en plastique. Ils sont légers, incassables, colorés, attirants, ne craignent ni l’eau ni la bave. Ils sont presque les jouets parfaits ! Sauf s’ils contiennent des phtalates.

Si 100% des jouets contenant des phtalates sont en plastique, l’inverse n’est pas vrai. 100% des jouets en plastiques ne contiennent pas des phtalates.

Concernant les jouets pour bébés (enfant de moins de 3 ans) et les articles de puériculture, la directive européenne 2005/84/CE interdit l’usage de 6 phtalates : DEHP, DBP, BBP, DINP, DIDP, DNOP. Attention « interdit » au sens de la directive signifie que ces 6 phtalates ne peuvent pas être présents à des concentrations supérieures à 0,1% en poids de la matière plastique dans les jouets et articles de puériculture.

À défaut de ne plus les utiliser, des substituts ont du être dénichés. Actuellement cinq substituts de phtalates sont couramment employés : ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB et DOIP. L’Anses – Agence de sécurité sanitaire – a été saisie en 2016 par la DGCCRF afin d’évaluer le risque sanitaire de ces 5 substituts. La conclusion : « pour quatre d’entre eux (ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB), au vu des connaissances actuellement disponibles, les résultats de l’expertise de l’Anses ne mettent pas en évidence de risques sanitaires pour les enfants de moins de 3 ans. Pour le DOIP, l’évaluation de risque n’ayant pu être conduite par manque de données disponibles (classement en cours d’examen dans le cadre du règlement REACH), l’Agence recommande de ne pas l’utiliser dans les jouets et équipements en matière plastique, sans avoir au préalable acquis des connaissances sur sa toxicité. » (source : Anses)

Animaux en plastique
Crédits photo : Marques de France.

L'intérêt des jouets en plastique made in France

Outre le fait de soutenir l’activité économique du pays, l’achat de jouets fabriqués en France revêt plusieurs intérêts.

Comme l’utilisation des substances chimiques est contrôlée en amont via REACH, le risque de non-conformité du produit final est plus faible, mais pas inexistant. En effet l’Agence européenne des produits chimiques centralisent les inspections et tests réalisés dans chaque pays de l’UE. Pour la France, la DGCCRF réalise les contrôles. Or en 2018, sur 1.200 mesures réalisées sur des jouets, 19,6% de ceux testés contenaient des phtalates (DEHP, DBP et BBP) en concentration supérieure à la limite autorisée.

À noter qu’au-delà des phtalates,  les produits fabriqués en Europe présentent moins de non-conformités (toutes confondues),que les produits made in China, respectivement 11% de non-conformités contre 20% (source : ECHA). Les autres non-conformités concernent d’autres substances chimiques comme le nickel, le chrome VI, le mercure, l’amiante ou encore le benzène, présentes dans divers articles comme les textiles, vêtements et revêtements d’ameublement, les bijoux, les adhésifs, les peintures en spray, etc.

De plus, même si la directive européenne et le règlement européen (REACH) s’appliquent par définition à tous les pays de l’Union Européenne, la France est le seul pays à avoir, en plus, interdit une autre substance suspectée d’être un perturbateur endocrinien, également présente dans les articles de puériculture : le bisphénol A.

Alors en conclusion, comme il n’y a pas de solution parfaite, le mieux est de limiter les risques en choisissant des produits fabriqués en France.

Les jouets de construction en plastique Abrick d'Écoiffier (crédits : Marques de France).

Perturbateurs endocriniens, la définition

La définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) caractérise les perturbateurs endocriniens de la manière suivante : « une substance exogène ou un mélange qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations ».

Exogène signifie que la substance ou le mélange provient de l’extérieur de l’organisme. Cela permet de différencier les hormones produites par l’organisme, des substances chimiques entrant en concurrence avec ces hormones.

Un perturbateur endocrinien peut agir de différentes façons :

  • en mimant l’action de l’hormone, notamment l’activité œstrogénique,
  • en provoquant des effets opposés à l’hormone naturellement produite
  • en bloquant les récepteurs cellulaires, in fine empêchant l’hormone de se fixer et d’agir,
  • en altérant la synthèse, le transport, le métabolisme ou l’excrétion de l’hormone, altérant in fine la concentration naturelle hormonale.

Enfin pour trouver des informations factuelles sur les perturbateurs endocriniens, je vous invite à suivre les sites de l’Anses, l’Ineris, l’INRS, l’Inserm, l’OMS, le CIRC ou encore le site internet du centre de cancérologie lyonnais Léon Berard.


Marques de France - Avatar - Élodie Lapierre

Contenu rédigé par Élodie Lapierre

Depuis plus de 10 ans, je suis chargée d’études en santé environnementale. J'ai toujours à coeur d’informer et sensibiliser les individus, afin qu’ils soient des consommateurs avertis et aguerris.Le site Marques de France est géré en toute indépendance et n’appartient à aucune entreprise privée. Toutes les recherches effectuées et tous les contenus rédigés répondent à un unique objectif : promouvoir les marques qui contribuent à l'économie française.

Publier un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous à notre « petite lettre »

Vous recevrez régulièrement, par email :

  • Les dernières marques référencées
  • Des reportages
  • Des conseils d'achat
  • Des études et enquêtes
  • Les produits que nous aimons
La petite lettre - Newsletter 20 pulls fabriqués en France pour affronter le froid