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C'est quoi l'upcycling ? Voici la bonne définition

L'upcycling est une façon écologique, économique et créative de valoriser des déchets. Nous vous expliquons tout ce que vous devez savoir sur cette technique qui gagne de plus en plus d'influence.

les toiles du large atelier
Les sacs de la marque Les Toiles du Large fabriqués à partir de toiles de voiliers récupérées.
Par Marion Mesbah. Publié le 14 juin 2023. Dernières modifications le 30 juin 2023.

Upcycling : définition

Le terme « upcycling » signifie « recyclage par le haut ». En français, c’est le mot « surcyclage » ou « upcyclage » qui est utilisé comme traduction. Il s’agit de détourner un produit existant inutilisé, pour lui offrir une nouvelle vie de qualité supérieure (« upgrading »), sans le transformer industriellement ni le déconstruire. Ce sont les déchets au sens large qui sont réutilisés, c’est-à-dire les « matériaux rejetés comme n’ayant pas une valeur immédiate ou laissés comme résidus d’un processus ou d’une opération ».

Le principe de l’upcycling est parfaitement illustré par la célèbre phrase « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » du chimiste français Antoine Lavoisier.

L’upcycling est un processus de consommation responsable. Il s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire, visant à valoriser les matières et produits déjà existants au lieu d’en fabriquer de nouveaux.

Quelles différences entre upcycler et recycler ?

Comme l’upcycling, le recyclage consiste à réutiliser des produits pour en créer de nouveaux. Mais ces deux procédés complémentaires diffèrent en plusieurs points.

  1. L’upcycling intègre la notion de valeur ajoutée au produit ou au matériau réutilisé. A l’inverse, le recyclage permet d’obtenir un nouveau produit de valeur similaire à l’original, voire inférieure.
  2. Pour le recyclage, les objets sont collectés, triés, broyés, décomposés, subissent un traitement thermique ou chimique. Il s’agit donc d’abord d’une forme de destruction avant la création d’une nouvelle matière. Recycler nécessite l’utilisation de ressources en énergie et en eau. Par exemple, le verre ou le plastique sont fondus avant de redevenir la même matière. Pour sa part, l’upcycling ne nécessite pas de transformation majeure de la matière, ni d’utilisation massive de nouvelles ressources.
  3. Le recyclage est géré de façon industrielle, quand l’upcycling est pratiqué à petite échelle ou artisanalement.

La définition de ces concepts est d’ailleurs réglementée par la loi française. Pour en savoir plus, consultez notre article expliquant bien la différence entre l’upcycling, le réemploi, la réutilisation et le recyclage.

D’où provient l’upcycling ?

Le concept d’upcycling n’est pas nouveau, même s’il n’a pas toujours été revendiqué sous ce nom.

Il a pour la première fois été formulé au milieu des années 90 par l’ingénieur allemand Reiner Pilz, qui regrettait que le recyclage soit un processus faisant perdre de la valeur (« downcycling »), alors qu’il serait possible d’en gagner.

Dans le milieu de la mode, la pratique était déjà appliquée, sans que le mot « upcycling » ne soit concrètement prononcé. En 1980, Jean-Paul Gautier créait une robe à partir d’un sac poubelle et un bracelet manchette à partir d’une boîte de conserve. Quelques années plus tard, le créateur Margiela dévoilait un pull confectionné à partir de 8 paires de chaussettes provenant d’un surplus militaire.

De même, dans les pays en voie de développement, l’upcycling est déjà pratiqué par nécessité, dans un contexte où les moyens et accès aux matériaux de consommation neufs sont plus limités. La réutilisation et la limitation du gaspillage y sont alors indispensables.

Mais ce n’est qu’en 2002 que le terme « upcycling » a été véritablement popularisé, par l’architecte William McDonough et le chimiste Michael Braungart dans leur livre « Cradle to Cradle : Remaking the way we make things ».

Les différentes utilisations et exemples d’upcycling

L’upcycling est partout et peut se décliner à l’infini, avec comme seule limite la créativité. Il est surtout utilisé dans l’industrie textile, dans les domaines de l’art et du design, mais trouve aussi sa place au quotidien.

L’upcycling dans l’industrie textile

Nous l’avons vu, sans qu’il soit à l’époque revendiqué sous le terme « upcycling », le concept n’est pas nouveau dans l’industrie textile, du luxe et de la mode.

Vieux rideaux, chutes de tissus ou vêtements abîmés sont découpés, puis recousus pour se transformer en robes, t-shirts, chemises et vestes. Carlos-Carlos Paris utilise par exemple les tissus dormants de grandes maisons de couture pour ses robes confectionnées en France.

Côté accessoires, de vieilles chambres à air de vélos, des toiles de montgolfières inutilisées, d’anciennes bâches publicitaires ou des lances à incendies deviennent des ceintures, des bijoux, des portefeuilles ou des sacs. C’est le cas chez la marque française Bilum.

Ce procédé s’impose comme une alternative à la surconsommation et à la mode jetable de la fast-fashion, ce renouvellement express et peu qualitatif des collections de vêtements.

Une pochette confectionnée à partir d'une veste de gendarme par la marque Bilum
Une pochette confectionnée à partir d'une veste de gendarme par la marque Bilum

L’upcycling pour la décoration et l’ameublement

Il existe de nombreux exemples d’upcycling dans le domaine de la décoration et de l’habitat en général :

  • des palettes sont converties en tables, canapés ou encore étagères ;
  • des bouteilles en verre deviennent des vases ou des lampes de chevet ;
  • des tonneaux de vins et spiritueux se transforment en tables conviviales ;
  • des coussins, poufs ou housses sont créés à partir de déchets de l’industrie aéronautique ou automobile, comme chez Esquif ;
  • des isolants sont fabriqués à partir de chutes de tissu ;
  • de vieux bateaux se transforment en logements insolites.
Esquif-pouf
Le pouf d'extérieur de la marque Esquif fabriqué à partir de tissus récupérés de l’aéronautique et de l'automobile

L’upcycling dans l’art

Designers, sculpteurs ou encore peintres sont nombreux à utiliser l’upcycling pour créer des œuvres d’art à partir de déchets ou produits obsolètes. Elles servent d’ailleurs bien souvent à véhiculer un message politique, dénonçant le gaspillage et la surconsommation dans notre société.

L’upcycling dans les autres secteurs

Il existe beaucoup d’autres exemples de valorisation et détournement d’objet devenus inutiles dans tous les secteurs :

  • au jardin, utiliser des journaux ou des rouleaux de papier toilette pour confectionner des godets pour semis de plantes ;
  • pour la maison, revaloriser de vieilles chaussettes pour en faire des éponges zéro déchet (tawashi) ;
  • côté bien-être et beauté, exploiter l’huile de friture usagée pour créer des savons ; ou encore des bananes invendables et des sous-produits de la vinification pour fabriquer des cosmétiques ;
  • etc.

Quels sont les avantages de l’upcycling ?

Un procédé écologique

Réparer ses objets, limiter la production de déchets, privilégier la seconde main… sont autant de façons plus responsables et durables de consommer, répondant aux enjeux environnementaux actuels. L’upcycling s’inscrit tout à fait dans cette mouvance, en s’imposant comme une alternative à la surconsommation, à l’obsolescence programmée et au remplacement systématique des objets.

Tout d’abord, revaloriser des produits non utilisés au lieu de les jeter permet de réduire le nombre de déchets et le gaspillage. Certains produits upcyclés vont même plus loin, en réutilisant à 100% la matière première dans une démarche « zéro déchet ».

Ensuite, l’upcycling permet de ne pas exploiter de nouvelles ressources pour la production d’un produit neuf, donc de limiter la production de gaz à effets de serre et l’empreinte carbone. A titre d’exemple, privilégier l‘upcycling à grande échelle pour une production au Bangladesh permettrait à chaque nouveau vêtement de générer 84 % de CO2 en moins et d’utiliser 85 % moins d’eau qu’un vêtement neuf (source : Consoglobe). Les matériaux ne nécessitent en effet que peu d’étapes de transformation, au-delà du nettoyage. Les découpes ou adaptations sont souvent effectuées à la main ou à petite échelle, sans nécessiter de moyens industriels polluants.

Enfin, upcycler permet généralement de réduire l’impact carbone du transport : les matériaux revalorisés sont souvent locaux, ne provenant pas de l’autre bout de la planète.

Un procédé économique

L’upcycling permet aussi d’économiser sur le coût des matières premières, puisqu’elles sont déjà fabriquées. Certaines entreprises arrivent même à récupérer des produits gratuitement, comme l’expliquent les créateurs de 909 Upcycling dans notre article sur la fabrication de vêtements à partir de toiles de tente.

Certaines marques choisissent aussi de réutiliser leurs invendus, chutes de tissus ou stocks dormants, ce qui permet de réaliser de belles économies.

Des créations originales et rares, voire uniques

À l’opposé des productions de masse en séries, l’upcycling donne fréquemment naissance à des produits fabriqués en petites quantités ou séries limitées. Ils sont en effet dépendants d’une matière première existante, mais rarement réapprovisionnée. Certaines créations sont même uniques !

Les pièces fabriquées sont également originales, puisque devant s’adapter au matériau à revaloriser.

Un processus créatif à la portée de tous

L’upcycling a l’avantage d’être à la portée de tous, laissant libre cours à la créativité. Entreprises, associations, collectifs, écoles, artistes, particuliers… tout le monde peut upcycler ! Il existe même des formations et certification pour l’upcycling.

En ce sens, le fait d’upcycler se rapproche du concept de DIY (Do It Yourself ou fais-le toi-même), qui redonne le pouvoir de faire à chaque individu.

Quels sont les inconvénients et limites de l’upcycling ?

Une notoriété à développer

L’upcycling reste un procédé encore peu connu en France. En 2020, seul 1 Français sur 5 en a déjà entendu parler. 8% affirment savoir exactement ce que c’est, quand 11% en ont déjà entendu parler, mais ne savent pas vraiment le définir (source : YouGov).

Mais le potentiel et les avantages de cette pratique devraient contribuer à la faire changer d’échelle et à se généraliser, pour trouver une vraie place dans notre économie. On peut toutefois se poser la question : un upcycling industrialisé pourra-t-il toujours être en accord avec ses propres valeurs (qui vote pour en faire le prochain sujet du bac de philosophie ?).

Des produits parfois chers à l’achat

Pour le consommateur, privilégier des produits upcyclés est un engagement écologique et éthique. Mais le fait que l’upcycling soit pratiqué à petite échelle ou artisanalement peut engendrer des coûts de mains d’œuvre plus élèves, qui se répercuteront fatalement sur le prix de vente d’un produit.

La rareté d’une création peut aussi participer à cette hausse, rendant les produits moins accessibles.

La potentielle création de nouveaux déchets

L’upcycling ne permet pas toujours de valoriser à 100% un déchet. Il demande parfois même le rachat de matériaux complémentaires (outil, colle, teinture, tissu, accessoire, etc.), eux-mêmes générateurs de déchets.


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Contenu rédigé par Marion Mesbah

Après plusieurs années d’expérience dans le milieu du web, surtout comme rédactrice, Marion continue à écrire sur des sujets qui la passionnent : les plantes, les animaux de compagnie, mais aussi la consommation responsable.Ayant gardé la capacité d'émerveillement d'un enfant de 6 ans, elle est systématiquement fascinée par la moindre couleur, texture, faune ou flore offerte par la nature. Et c'est entre autres pour tenter de préserver cette beauté fragile qu'elle est convaincue que nous, humains, devons modifier notre façon de consommer. Acheter en conscience, privilégier la qualité & la durabilité, se tourner vers le local,… autant de pistes qui, si elles ne sont pas parfaites, permettent de tendre vers une plus grande frugalité.

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